Les premières news de la tournée en Chine !!


Bonjour à touuuus !! 😀

Voici les toutes premières news car nous avons été très sollicités depuis notre arrivée.
La Chine est un pays surprenant, c’est le moins que l’on puisse dire, et ce, à tout niveau. Cela commence avant même de fouler le sol chinois quand l’avion n’en finit plus de traverser les nuages: après les nuages, il y en a encore et encore… jusqu’à 6m au-dessus du niveau zéro. (Références: «Soleil vert» ou le ciel dans «Le 5ème élément» ou encore plus explicitement, les archives de Jean-Pierre Pernault et les images du ciel de Marseille lors des plus haut pics de pollutions jamais atteint…)
Après une journée d’acclimatation et de pseudo-tourisme avec la visite de la Cité Interdite et la place Tien Anmen, nous faisons connaissance avec la VRAIE nourriture chinoise: un pur délice ! Légère mise en garde tout de même avec ZE super exhausteur de goût de tous les temps qu’ils fourrent partout: le glutamate. On peut considérer que plus il y en a et moins les matières premières sont de qualité mais le plus souvent, la cuisine se fait sur place et avec des produits frais et c’est la régalade de la boustifaille ! Et si par malheur vous êtes allergique au glutamate (gluglu pour les intimes), sachez que le riz, lors de la digestion, dégaine sa fonction absorbante et en chasse les effets néfastes. Comme quoi la vie est vachement parfaite !

Ce qu’il y a de particulièrement agréable aussi en Chine, c’est que l’on peut péter, roter et cracher sans vergogne sans passer pour un gros dégueulasse: une véritable aubaine pour moi qui ai toujours voulu tester ce que l’on pouvait ressentir en lâchant une perle fort sonore en public. (Bon, pour ce qui est de l’expérience, j’ai finalement été déçue du résultat car ce qui est intéressant en réalité, c’est évidemment de le faire alors que ce n’est pas décent…) Mais cela reste bien pratique, surtout avec les résidus de menus KLM ou Air China.

C’était le paragraphe tourisme et il y en aura pas d’autre avant longtemps parce qu’y a de quoi raconter côté professionnel: Ian Meng et son équipe, responsable de l’alliance française de Beijing (traduire Pékin, dite, la «ville du Nord») nous accueille super chaleureusement malgré sa fraîcheur enfantine.

La première réunion technique avec le STAFF du théâtre qui nous accueille, se fait sans encombre. Il en serait d’ailleurs impossible autrement puisque, il est de notoriété publique que la fierté du chinois est encore plus aiguisée que celle du marocain voire même du français qui atteint déjà un super level, et que le chinois, fort de son Honneur qui ne doit pas être bafoué, ne peut jamais perdre la face en disant «non». Donc quoi qu’on demande à nos interlocuteurs, ils sont toujours d’accord avec vous et vous assureront avec véhémence que tout sera possible. Sauf que dans les faits, c’est rarement le cas et nous en avons fait les frais incontournables en guise de baptême du feu…du Dragon.
Anticipant les problèmes de communication, nous sommes donc arrivés dans la salle, -un petit théâtre avec un immense plateau, plus ou moins bien équipé mais surtout farci à la poussière et à l’amiante-  arrivés, donc, la veille de la première en priant l’équipe technique de bien vouloir s’avancer sur quelques manip’ et nous sommes repartis confiants. Une fois arrivés sur place le lendemain, nous avons réalisé à quel point la parole de chinois ne valait pas un pichet de jus de nez et que cette tournée allait se faire à la rame.

Peu à peu, les choses se sont déliées car nous en apprenons davantage à chaque heure: il faut, pour bien se faire comprendre et obtenir ce que l’on veut pour les besoins du spectacle, le demander quatre fois de manière différente. A vous  évidemment, de deviner dans l’œil de votre interlocuteur, s’il a bien compris de quoi il s’agit puisqu’il ne s’avouera jamais vaincu en vous faisant répéter au risque de vous faire perdre la face à vous aussi.

Après 40 000 mots et une journée de travail, la technique et les accessoires sont tous opérationnels et nous aussi: le spectacle peut avoir lieu dans de bonnes conditions! … ou presque. C’était sans savoir que le public chinois ne respecte aucune consigne, y compris celle de la ponctualité. C’était sans compter que ce même public est peut habitué au spectacle familial ou jeune public. C’était sans se rappeler que la politique de l’enfant unique fait de l’enfant un Roi surprotégé et capricieux. Le résultat ?

L’avis du français: ce serait l’équivalent de la pire horreur du pire des « Arbres de Noël » du pire C.E de Pire-Pétaouchnoque avec un va-et-vient et un bruit de fond permanents, des enfants qui sautent, qui te hurlent dessus, qui jouent entre eux, qui pleurent, qui chouinent, d’autres qui tentent de suivre et qui rigolent, d’autres qui jettent des bouteilles plastique sur scène. Derrière, des parents dans leur téléphone ou au contraire, incroyablement enthousiastes, semblant réagir à ce qu’il se passe sur le plateau…Biensûr dès la fin du spectacle et avant-même les saluts, tout le monde est déjà levé, prêt à quitter la salle, et les enfants prêts à jouer des instruments et des paillettes heureusement stoppés dans leur élan par les autorités alliancefrançaisiques. 😉

Pour l’équipe qui nous accueille et pour le dit public: c’est une formidable représentation et les enfants étaient particulièrement sages: ils n’ont pas envahit la scène.

Devant ma bouche bée, Ian Meng s’exclame: « Mais si, ton spectacle est bon, tu avoir la chance: un mois avant, on accueille une grand pianiste. Petite fille vient sur scène et dit tout haut « moi aussi je sais jouer! » et elle pousse la pianiste et joue piano, oui oui, c’est vrai !! »

Depuis j’ai ramassé ma mâchoire et j’ai relativisé: bienvenu dans l’autre monde, celui où tout est possible, celui qui pète nos croyances, qui chamboule nos codes, celui qui secoue l’Ego et qui se rend si incroyable et, paradoxalement, attachant.

NB: Nous avons fait trois autres représentations le lendemain de celle-ci, plus une autre à Tienzin. Vous voulez savoir si on a finalement réussi à trouver une parade ? Si on a trouvé une possibilité de sensibiliser ce public à une autre poésie que la leur ? Si j’ai réussi à capter l’attention ?

Hé ben, la suite au prochain épisode. :-p

TATAAAAN !!!